Témoignage : ULTRA TRAIL du MONT BLANC 2005 (Sylvie)

ULTRA TRAIL du MONT BLANC…Vu de l’extérieur

 Tout a commencé l’année dernière ou certains de nos CIVC ont décidé de se lancer dans l’aventure, et quelle aventure…158 kms, délai maximum 45 heures, et 8600 mètres de dénivelée !

Sans compter les trois mois d’entraînement acharné, soir et week-end…, UTMB…tous en orbite autour de ce projet de malade !

Jeudi 25 août, veillée d’armes à Combloux en compagnie de Tristan et Eric, nos deux compères sont confiants, ravis l’un et l’autre de se mettre sur la ligne de départ sans blessures. Nous avons également pris des nouvelles de Jérôme et de Franck, qui eux ne sont pas à leur coup d’essai, mais à leur deuxième participation. Ils sont conscients de se lancer dans une belle aventure, tout en souhaitant la terminer dans le temps limite. Ce soir là que de messages d’encouragements, chacun y va de son commentaire.

Demain nous retrouverons le reste de la bande.

Vendredi 26 août.

Le grand JOUR, ça s’agite dans tous les sens, préparation des barres énergétiques, carte d’identité, casquette, bref, les derniers préparatifs. Tristan constate une fois de plus que son sac est bien gros, il regrette de ne pas avoir réussi à y mettre sa bouée, ni sa poupée gonflable ! Il est grand temps que la course démarre, les voila bien atteints !

Nous ne sommes plus qu’à 1h30 du départ, je n’ai jamais vu autant de jambes, pour m’occuper, je les compte une par une….j’en profite également pour admirer la gente masculine et féminine….Trêve de plaisanterie. C’est très impressionnant. Je finis par les laisser tous, maintenant je deviens spectatrice et accompagnatrice. Auprès du départ, il y a foule, le soleil est de la partie, la météo est annoncée bonne.

19 heures, le départ est donné, je cherche du regard mes têtes connues, la plupart du temps ce sont elles qui me trouvent la première, les premiers encouragements, un petit pincement au cœur, un bref regret…j’aurai du m’inscrire ???

23 heures, je suis rejointe par Valérie, nous partons pour Courmayeur, en Italie…Bungiorno, come ma…vu l’heure à laquelle nous arrivons, c’est plutôt buonasera, buona notte !

L’attente commence, COURMAYEUR, première étape et premières heures de sommeil prévues pour nous, mais allez, mettre deux nanas dans une voiture la nuit ! Trop de bla, bla bla…

COURMAUYEUR est un point de ravitaillement amélioré, massages, douches, repas chaud, le problème c’est que c’est au 72ème kms ! Vers 3h15 du matin, cela s’agite autour des voitures dortoirs, le premier est annoncé, je décide d’aller voir, le démon de la course me prend. J’abandonne Valérie, il est vrai que nos hommes respectifs nous ont donné des plages horaires d’arrivée, donc nous avons encore le temps, mais voir la course, je ne peux pas m’en empêcher. Il fait nuit noire, quelques étoiles, le ciel est relativement dégagé, on aperçoit quelques lucioles…non ce sont les coureurs, au début je compte, je regarde ma montre, je discute avec d’autres personnes….puis enfin le premier CIV…le « Jérôme » à 6h49, quelques mots, il a l’air bien, nous demande si il est le premier de Chevreuse à arriver, je confirme. De nouveau l’attente, puis Tristan à 7h13, fatigué mais heureux de nous voir. A 7h51 j’aperçois enfin Eric qui n’a pas encore pris le virage pour le petit raidillon, je l’encourage, il finit par me voir : « ha tu es là toi…. » Visiblement déjà marqué, mais tout comme les compères précédents, heureux de nous savoir là, toutes les deux. Nous les retrouvons à l’intérieur du complexe, que de coureurs et de bénévoles et d’agitation. Nos garçons sont emplis de doute quand à l’issue de la course…. Après une heure environ de repos, douche, ravitaillement, ils repartent, il est au alentour de 8h30. Nous n’avons toujours pas vu Franck arriver, mais nous ne sommes pas inquiète, nous supposons qu’il est parti plus prudemment que les copains.

Nous repartons, notre marathon de suiveurs commence… Direction la suisse (essayez de mettre l’accent !), via le tunnel du grand St Bernard…et des tunnels nous en avons traversé, des grands, des petits, des moyens, hein Valérie ? Bref, après 3h de voiture enfin nous y voila à « LA FOULY » 102ième kms, joli petit village suisse ou nous avons prévu de retrouver les garçons, et l’attente recommence…..donc pour tromper l’attente on se restaure…, (vu que le petit déjeuner fut frugal), et, la restauratrice n’oubliera probablement pas ces deux clientes, qui, au moindre mouvement humain à l’extérieur bondissaient de leur chaise, allant parfois même jusqu’à jaillir hors de la salle pour encourager le coureur attendu….ou qui lui ressemblait.

Ceux que nous voyons arriver semblent bien fatigué, nous essayons de calculer le temps qu’il faudra à chacun de nos CIV. Tristan arrive le premier, Valérie l’accompagne en footing jusqu’au pointage, il est suivi de Jérôme et de ses copains Dimitrio et Thierry. Pour tromper le temps je remonte le parcours pour aller à la rencontre…je l’espère d’Eric…si, si le voila, je l’accompagne à mon tour en courant jusqu’au pointage. Ravitaillement et massage. Zut, la pluie ; l’après midi est déjà bien avancé, les garçons sont tous repartis accompagnés de nos encouragements.

Direction pour notre part à « CHAMPEX d’EN BAS », Valérie me fait remarquer le parcours, en effet nous apercevons sur notre gauche à flanc de montagne, des coureurs, la pente semble bien difficile, en attendant le paysage est magnifique…. Ont-ils le temps de l’admirer lorsque la fatigue s’installe ?

CHAMPEX, 119ième kms, nous décidons de dormir un peu, la voiture est garée de telle manière que nous ne risquons pas de le manquer. La pluie tombe toujours…cela veut dire que leur deuxième nuit va être sympathique. Il est environ 19h, ce samedi 27 août lorsque nos différents compères arrivent, sont pas beaux à voir…il leur reste 39 kms à parcourir, certains pourrait vous dire, mais c’est moins qu’un marathon…. ! N’empêche qu’ils vont mettre entre 13 et 14 heures pour rallier l’arrivée !

Tristan et Eric commencent à être bien entamés…., (ha bon !), et décident de repasser la seconde nuit…ensemble, ce qui dans ce contexte, nous rassure !

Jérôme est complètement cassé mais est toujours très inquiet de notre « bien être : ça va Sylvie, tout va bien ? Oui Jérôme, pour nous pas de problème, nous nous allons bien, tant que vous allez bien ». Tout le petit groupe repart dans « un mouchoir de poche » Nous apprenons que Franck continue son parcours, dommage que nous ne puissions le voir.

Pour nous en avant vers TRIENT (toujours la suisse…) 132ième km, (c’est assez rapide en voiture… !) la nuit est tombée, la pluie continue elle aussi. De temps en temps un petit ruban lumineux apparaît, des lucioles…par un temps pareil ! Il est près de minuit lorsque nous voyons enfin nos lucioles, non mais…épuisées les pauvres bêtes ! Allez les garçons plus que 26kms…, nous y allons de nos encouragements, c’est tout ce que nous pouvons faire, bien impuissantes. Tristan se décide enfin à retirer le caillou de sa chaussure, Eric nous confiera à l’arrivée que la gêne occasionnée par ce caillou lui faisait oublier provisoirement ses maux de genoux. Il faut du courage aux garçons pour quitter ce refuge ou règne ou bonne odeur de raclette !

Nous les retrouverons à VALLORCINE au 142ième kms. Gros dodo pour les filles ce qui nous fait manquer l’arrivée des garçons, ils y sont vers 3h du matin le dimanche 28 août ; nous les retrouvons à l’intérieur du point de contrôle, Jérôme tient debout parce que c’est la mode, Eric est en main avec deux masseurs et une infirmière (je le reconnais bien là…) à ce qu’il paraît la décharge électrique qu’il s’est prise sur une clôture de pré n’a pas suffi à le remettre d’équerre ! Tristan semble a peu près potable, Dimitrio toujours sourire attend, Thierry semble tenir le choc ; bref, le vrai bonheur. Grand moment de doute pour Eric, l’infirmière essaie de me rallier à ce qu’elle souhaiterait…, qu’il arrête. Je ne dis pas un mot, je me garderai bien de donner mon avis, je sais les sacrifices qu’Eric a du faire, c’est à lui de voir. Le test « glycémie » est bon, il repart avec ses petits camarades après ravitaillement, mais que cela risque d’être difficile, il reste 16kms…..

Nous irons directement à l’arrivée à CHAMONIX, « CHAM, pour être in.. » nous avons cependant hésité à nous arrêter à Argentière (149ième kms).

L’attente recommence, nous voila sur le parking de la patinoire, Valérie décide de dormir, il est vrai qu’elle a fait le chauffeur durant ces deux jours et qu’elle doit repartir ce dimanche soir. Pour m’occuper l’esprit, je prépare le sac « arrivée » d’Eric, je range, j’essaie également de me reposer, puis je me décide à aller au centre d’accueil. Il y a des dortoirs d’installés pour les coureurs, les rares personnes debout sont les accompagnateurs, nous sommes tout silence. J’allume mon portable, je le mets en charge et là les messages des copains m’arrivent, je rappellerai tout à l’heure, je ne vais tout de même pas téléphoner à 5h du matin ! (Quoi que ?)

Puis direction l’arrivée, il pleut toujours, nos pensées sont avec les garçons, vont-ils tenir ? Si oui dans quel état….6h….7h….toujours pas de CIVC en vu. Nous applaudissons ceux qui les précèdent, puis nous apercevons Jérôme, Dimitrio et Thierry, là nous y allons de nos encouragements, pour eux c’est fini, Tristan arrive à son tour, suivi d’Eric…..le soulagement. Intériorisées pour Tristan ou chaudes larmes pour Eric, les émotions sont les mêmes….Pour nous aussi d’ailleurs.

Ils l’ont bouclé leur petite ballade en 36h40 (et quelques minutes…), un seul mot BRAVO qui en regroupe d’autres. Beaucoup de douleur, de doutes, mais à la fin certainement du bonheur d’en avoir terminé avec soi-même. La déception c’est que nous apprenons que Franck a abandonné au bout de 120kms, mais BRAVO à lui également, il fallait également les parcourir tout ces kilomètres. Après les messages des copains, le repos bien mérité. Ce soir nous nous retrouverons tous pour la soirée de clôture, également très sympa.

Voila c’est fini, Jérôme, je te rassure…je vais bien !

Valérie, merci de ta bonne humeur, je pense que nous avons passé un bon moment, même si les heures de sommeil de nos deux nuits d’accompagnateurs se comptent sur les doigts d’une main !

Et puis vous les traileurs fous, merci de ce que vous nous avez apporté, une très belle leçon de courage…ou de folie ? A l’année prochaine ????? Je rigole, bien sur ! ( ?).

Valérie, Sylvie

Témoignage : ULTRA TRAIL du MONT BLANC 2005 (Tristan)

ULTRA TRAIL du MONT BLANC : le départ

18 H 30 : Rassemblés sur la place de l’ église de CHAMONIX, nous écoutons les dernières consignes de course. Pour les 2000 participants, c’est l’objectif sportif majeur de l’année 2005.

Certainement bien plus pour l’immense majorité des coureurs : La course qu’il faut avoir, non pas faite, mais avoir vécue et, rêvons un peu à 30 minutes du départ, terminée une fois dans sa vie.

L’ultra Trail du Mont Blanc : 158 km, 3 pays traversés, 8 500 mètres de dénivelée positive. L’année dernière, avec une météo idéale, 25 % des partants ralliaient l’arrivée !

Le vainqueur de l’année dernière monte sur le podium surplombant le départ pour nous prodiguer conseils et encouragements. Au-dessus de nos applaudissements, il se pose en « César » que ses sujets saluent … avant de mourir !

On est bien d’accord, on ne pense jamais, à ce moment là, aux derniers …

Normal, me direz-vous, la compétition sert à reconnaître les meilleurs. Mais le sport peut être vu sous différents angles, même si le plus commun est celui de la performance sportive. N’empêche, même quand on le pratique en compétition, il ne sert pas nécessairement qu’à cela.

Dans le sas du départ, j’observe et il n’y a pas beaucoup à chercher : Le calme n’est qu’apparent ; derrière ces visages concentrés à ce prétexte de confrontation sportive, il y a de sacrés personnages. Pour nous tous, le Tour du Mont Blanc est un morceau tellement consistant qu’il nous a fallu de l’audace, voire du courage, pour se lancer dans cette aventure. Accepter et faire accepter aux conjoints les sacrifices inhérents à un tel projet.

Il y a ceux, j’en fais partie, qui en ont tellement entendu parler, qu’il faut qu’ils la vivent une fois ; il y a ceux pour qui un bon classement, ou améliorer celui de l’année dernière, est l’objectif ; il y a ceux dont l’objectif est de terminer dans les délais ; ceux qui, sous le coup d’un abandon l’année dernière, repartent avec la volonté de, cette fois là, finir ; il y a celles, entraînées dans cette folie par un mari ou un ami, qui se fixe Courmayeur (71 Km) en espérant juste être dans les temps.

Ils y a ceux … ils y a celles … Hormis 4 coureurs qui viennent pour gagner et peuvent prétendre à la victoire, il y a 2000 histoires différentes qui portent les noms de : Défi, pari, fête, voyage, course, randonnée, découverte de soi, pèlerinage, etc.

A dix minutes du départ, ces 2000 histoires différentes, ces 2000 personnes, ont un dénominateur commun : l’incertitude ; elle se lit sur tous les visages. C’est une communion générale placée sous le signe de l’inquiétude ; elle est palpable, c’est un couvercle qui nous oppresse, une véritable chape dont on ne s’échappera qu’une fois parti. A cette heure, aucun concurrent ne peut pronostiquer s’il finira. Oser parler de chronomètre à ce moment là serait déplacé ou très prétentieux !

L’incroyable énergie physique, la détermination, le calme affiché par tous, transpirent dans le brassage humain du sas de départ. Aucun ignore cependant qu’il lui faudra aussi serrer les dents pour arriver au bout.

A une minute du départ, l’attention de tous se focalise sur le directeur de course, le vainqueur de l’année dernière redescend se placer avec nous sur la ligne de départ.

C’est sûr, le vainqueur de l’UTMB n’est pas n’importe qui …

Mais le dernier de l’UTMB n’est pas non plus n’importe qui.

5-4-3-2-1 Boum. Dans les watts débridés de la sono, 2000 histoires débutent, 2000 scénarios vont s’écrire dans l’encre de la nuit, se dessiner au pinceau tremblotant des lampes frontales, où la chance, les jambes, le mental, vont se disputer tour à tour le premier rôle.

Tristan.

Ultra Trail du Mont Blanc 2005

26 – 28 août 2005
3 pays – 155 kms – 8 500 m de dénivelé positif

Résultats

ClassementNom PrénomCatégorieClassement par catCourmayeur
72 kms
Dénivelé + : 4042
Champex
119 kms
Dénivelé + : 6665
Chamonix
158 kms
Dénivelé + : 8639
1JAQUEROD ChristopheSE H108h46mn30s21h11mn07s
265OSSARD JérômeSE H9911h47mn56s24h08mn04s36h30mn23s
271BOUVARD TristanV1 H10612h11mn54s23h38mn57s36h32mn47s
274BOUISSET EricV2 H4412h51mn08s24h10mn56s36h40mn54s
773Dernier à Chamonix (tour complet)17h15mn57s32h10mn51s44h48mn05s
877ROUSSEL FranckSE H28214h39mn16s30h31mn12s
904Dernier à Champex17h34mn35s32h31mn48s
1737Dernier classé19h27mn47s

Photos

Témoignages

  • Témoignage de Tristan
  • Témoignage d’Eric
  • Témoignage de Sylvie
  • Témoignage : Cross de la Sablière à Viroflay 2005 (Jérôme)

    LE DIMANCHE 06 FEVRIER 2005

    On pouvait s’en douter ! Le cross c’est difficile mais en plus quand la météo est peu encourageante et que le terrain est détrempé, ça rend les conditions de course encore plus pénibles.
    Avec 1004 inscrits, au moment du départ toutes catégories confondues, c’était déjà un pari de gagné pour l’organisation de l’U.S.M.V de VIROFLAY.
    Pour revenir à la course, dès 10 heures 45, nous nous sommes tous retrouvés sur la grande ligne droite très boueuse et pleine d’ornières, en plein cœur de la forêt de VIFORLFAY.
    Les conditions quasi idéales pour un cross étaient donc réunies, ce qui laissait augurer une bien belle bagarre pour cette course.
    Avant même le coup de pistolet libérateur, de très jeunes athlètes, positionnés en première ligne, avouaient déjà leur volonté de performance. Bien plus sage, vraisemblablement dû à l’âge qui me séparait de ces participants, je me retirai donc en deuxième ligne.
    Très vite les intentions laissèrent places aux actes. Le départ fut très rapide et ces mêmes athlètes à l’allure fluette, prenaient les commandes du peloton et je me suis surpris à les suivre sur les deux premiers kilomètres.
    Avec un temps de passage de 3’19’’ au premier kilomètre, la tête de la course ne tardait pas à faire des dégâts sur les poursuivants. A cet instant, je ne savais plus très bien si j’étais à ma place mais je profitai du moment présent. Mais très vite, car certainement moins aguerri à ce type d’épreuve où la tête imposait un tempo effréné, je me laissai distancer pour retrouver un rythme plus approprié à mon niveau.
    Je parvenais tant bien que mal à maintenir un écart raisonnable sur les fuyards, excepté sur ces deux côtes fatidiques, la première ne présentant pas plus d’une cinquantaine de marches et la seconde affichant 450 mètres pour un dénivelé positif de 50 m, où je « coinçai » un peu et cédai quelques places.
    La dernière ligne droite fut une libération et quelle surprise de voir enfin la banderole d’arrivée. Quelle joie aussi d’en avoir terminé en laissant de nombreux poursuivants derrière soi. J’avais déjà l’impression d’avoir réalisé une belle performance et celle-ci fut amplifiée lorsque ma petite famille qui était venue m’encourager m’indiqua que j’étais arrivé parmi les premiers.

    Quelle joie de se voir interviewer sur ses prestations réalisées et le bonheur suprême fut la remise des récompenses sur ce petit podium que d’ordinaire je regarde du coin de l’œil en quittant la course. Et bien cette fois-ci, j’ai pu y accéder fièrement et me voir remettre la récompense pour ma belle et honorable 2ème place dans la catégorie sénior.

    Le seul regret que je puisse avoir c’est de n’avoir pu partager ce magnifique moment avec vous autres car j’étais le seul et unique représentant du C.I.V.C. N’hésitez plus, venez essayer le cross, c’est agréable et convivial, alors chaussez vos pointes et je vous dis à bientôt…

    JéJé (dit le sanglier des Charentes)

    Témoignage : Raid 28 2005 (Nicole)

    Raid 28 édition 2005
    Ce sont les femmes qui en parlent le mieux !!

    Equipe N°10 les”DES BEAUCE D’ENERGIE”
    Avec Luc Robert dit L’Orient., Luc Guillon dit Lucky Luc, philippe Petazzoni dit Phiphi, Eric Bouisset notre grand Capitaine et Nicole (Barre), moi.

    Samedi soir 18h30, nous arrivons tous à Méridon pour un dernier plat de pâtes. Nous laissons chaussures et sacs dans l’entrée pour ne pas salir la maison que Fanfan a astiquée tout l’après midi. Une minute plus tard, mon sac baigne dans un jus sucré. C’est la boisson énergétique de « Lucky Luc » qui s’échappe de son sac et s’étale dans l’entrée de Fanfan. Rien de bien grave et tout rentre dans l’ordre après un petit verre de blanc à l’apéro (je ne sais pas pourquoi mais je m’abstiens). L’ambiance est bonne et détendue jusqu’au départ vers Bures. Un petit regard de Sylvie qui a compris que je n’en mène pas large et des petites phrases d’encouragements avant de s’installer dans les voitures pour le départ. Bien sûr des tas de questions qui restent sans réponses : “Ai-je assez d’eau ? Trop d’eau ? Trop de vêtements ? Pas assez ? …Mais toutes ces angoisses s’envolent quand on se retrouve dans l’ambiance du départ. A 22h 30, les équipes se dirigent vers les bus RATP qui nous emmènent vers une destination encore inconnue. Pas de chance, c’est dans le bus qu’il faut placer les balises et les PC sur la carte IGN qu’on nous distribue pendant le voyage. Pour notre équipe, c’est le big handicap, “L’Orient”est blanc comme un linge au bout de 5 minutes. Eric regarde droit devant pour éviter un Tsunami de pâtes et moi, je ne vois rien sans mes lunettes (je ne sais pas si avec je suis plus efficace, je préfère garder la question en supens). Bravo à Lucky Luc et à Phiphi qui ont pris l’affaire en mains et qui nous ont sauvé la mise.

    Ce trajet en bus est interminable et c’est à 0 H 30 qu’on nous laisse sur une place inconnue dans le noir, le froid et le brouillard (maman, j’ai peur ! Mais non, j’ai mes 4 grands garçons autour de moi). Et là, plus d’alternatives, il faut partir et vite car on se les caille. Le tout est de prendre la bonne direction. Avec “L’Orient”, pas de souci, il m’épate. Figurez-vous qu’il est capable de lire une carte, la nuit, dans le brouillard, de retrouver des chemins disparus, tout cela en courant et avec un calme Olympien (moi qui ne sais pas lire une carte en plein jour…).

    C’est très ludique une course d’orient., j’ai l’impression de vivre un jeu de piste. Dès qu’une équipe trouve une balise, les coureurs s’empressent d’éteindre leur lampe pour ne pas attirer les autres équipes. Et chacun repart sans bruit comme si de rien n’était. De grands enfants ! Cela m’amuse beaucoup, la nuit passe très vite, l’humeur est bonne, l’avancée régulière. Nous n’arrêtons jamais, le froid ne le permet pas. Phiphi voit sa magnifique barbe se transformer en blocs de glace et la chevelure de notre capitaine est toute givrée.

    Ce qui est très surprenant, c’est le silence et la solitude que nous trouvons parfois, en opposition à l’agitation des équipes qui fourmillent autour de certaines balises. A ce sujet, savez vous ce qui ressemble le plus à une lumière de frontale, la nuit ? Hé hé, c’est une autre lumière de frontale. Et pour être sûrs de ne pas suivre d’autres coéquipiers, nous avons un cri de ralliement, un véritable cri de guerre : “BROCOLIS”. C’est le menu de Fanfan hier au soir. Certains voudront nous cuisiner où nous mettre en vinaigrette.

    Juste avant le petit matin,” L’Orient” boîte, son genou le titille et nous sommes tous soucieux. Malgré la douleur, Luc continue à trottiner et à orienter mais le moral en a pris un coup. Heureusement, le jour se lève et ça redonne du peps à toute l’équipe. De jour, le paysage prend une importance tout à fait autre dans l’évolution des coureurs. Cette année, au menu, nous avons la Beauce dans sa plus grande dimension : des champs cultivés à perte de vue et des chemins qui les longent en ligne droite, sans la moindre originalité pour le regard. C’est long, c’est dur dans la tête. Heureusement qu’un couple de chevreuils et deux lièvres viennent, par leurs courses effrénées, donner de la vie à ce paysage. Merci aussi aux bénévoles qui nous attendent aux PC pour pointer nos cartons. Nous sommes toujours accueillis par un mot gentil et par le sourire. Nous commençons à ressentir la fatigue mais ce qui est magique, c’est l’entente qui règne entre nous cinq. Il n’y a qu’encouragements et complicité, sans être maso., c’est dans l’effort et dans la douleur que cette entente prend toute sa dimension.

    Le PC 6 est là et nous devons choisir l’option “distance à parcourir”. Notre capitaine Eric est en pleine forme et nous entraînerait bien sur la plus longue distance (91 km). Nous sommes la sixième équipe à passer ce PC mais la dernière avant la barrière horaire. Les autres équipes devront choisir entre le 75 et le 55 Km. Vu l’état de fatigue, nous choisissons l’option racourci du raid28 avec l’espoir d’arriver tous les cinq.

    Et c’est reparti pour de longues et interminables lignes droites le long des champs beaucerons. Heureusement que notre capitaine nous fait régulièrement des gâteries : quel bonheur cette tranche de saucisson sec ! Et ce morceau de chocolat aux amandes salées, quel plaisir. Merci Eric, tu nous as tous motivés et relancés quand il le fallait.

    La coup de bambou, c’est après le PC 7, toujours les mêmes chemins, pas le moindre petit arbre ou petit virage à se mettre sous la patte, c’est long, très long. Au prochain PC, Sylvie et Fanfan nous attendent pour nous remonter le moral, mais ce PC, il recule à chaque foulée. Pas la moindre balise pour nous distraire, le moral en prend un grand coup. Je ne parle plus, toute mon énergie est concentrée à mettre un pas devant l’autre. Le moral chute et la fatigue augmente, je compte par série de dix foulées et je souffle trois grands coups pour évacuer les idées noires. Heureusement qu’il y a 4 grands gaillards que je ne veux surtout pas décevoir. Dans ma tête, il ne reste plus que 15 km, alors j’avance en trottinant puis en marchant. J’ai moins mal en courant alors je repars en comptant des séries de 30 foulées. Enfin, le PC 8 est là ! Fanfan et Sylvie sont là, c’est énorme, le plaisir que ça fait. Quelle chaleur quand elles nous prennent dans leurs bras ! Merci les filles. Il faut repartir tout de suite, nous sommes la deuxième équipe à pointer pour le 75 km. Les bénévoles nous encouragent à rattraper l’équipe précédente, la féminine est blessée. Et là, un coup derrière la nuque, on m’annonce 18 km, J’ai envie de pleurer. C’est fou ce que 3 ou 4 km supplémentaires peuvent paraître insurmontables lorsqu’on en a fait déjà 70. On repars, et là, pas question d’abandonner. Eric et Phiphi sont toujours frais et vont à la recherche de toutes les balises vertes, ils gambadent partout, c’est incroyable. Je paye une erreur d’alimentation sur les premières heures de la course. Je suis en hypoglycémie et malgré l’envie de vomir je m’oblige à avaler les gels magiques qui collent au palais mais vous donnent du punch instantanément. Lucky Luc est fatigué mais cherche à garder toujours le même rythme car relancer la machine après un arrêt, c’est encore plus douloureux. Toujours calme et de bonne humeur notre Lucky. Luc L’orient. ne sait plus s’il doit courir ou marcher vite, pas 1 cm2 qui ne soit pas douloureux. Malgré tout, il relance quand je passe à ses côtés en toutes petites foulées. Ces derniers km sont durs mais nous sommes partis à 5 et nous arriverons à cinq. Pas question d’abandonner mes 4 grands copains!

    Et là, oh merveille! On m’annonce Béville le Comte. C’est l’arrivée, c’est FanFan et Sylvie qui courent à notre rencontre, c’est Loïc qui arrive avec l’appareil photo, les enfants de Lucky qui lui prennent la main, c’est la famille Chuberre qui arrive en 4X4, c’est enfin le passage de la ligne d’arrivée main dans la main. On a réussi. Comme par magie, plus de douleurs, de la fatigue mais tellement de bonheur. Merci les gars pour cette belle aventure, merci pour toutes les belles images qui me reviendront régulièrement à l’esprit. Et puis BRAVO et encore BRAVO !

    Au bilan, nous avons parcouru 85 km et nous sommes arrivés à 15h42. Sur le forum du raid 28, il y a des discussions houleuses au sujet du classement. Nous sommes 9 ième sur 34 équipes au départ. Tout le monde dans l’équipe est heureux, tout le monde est allé au-delà de ce qu’il pouvait donner et ce pour l’équipe. C’est ça notre podium à nous.

    A vos basckets, filles et garçons du CIVC, c’est une belle aventure qui vous tend les bras

    Nicole