Trans’aq 2007

230 kms en 6 étapes

Ces 5 “fadas” ont fait une équipe qui s’appelait “les rhums dérangés”

21ième Martinoli Michel – 24h26’31”
42ième Grandin Patrick – 27h21’57”
49ième Apruzzese Sylvie – 28h53’16” Sylvie : 3ième scrach féminin – 2ème en VF1
64ième Bouisset Eric – 30h31’14”
74ième Collet Christian – 31h21’03”
Sur 120 arrivants

Témoignage

  • Témoignage de Sylvie
  • Témoignage : Grand Raid de la Réunion 2006 (Sylvie)

    La diagonale des fous

    Comme le nom l’indique, une histoire de fous….

    Le lieu : l’ile de la réunion

    La période : 20, 21 ,22 octobre 2006

    Le parcours : Départ Cap méchant à St Philippe, Arrivée St Denis, une belle diagonale du sud au nord.

    Le nombre de kilomètres – cette année : 143,3.

    Le dénivelé – environ 9000 mètres de D+.

    Le délai maximum : 63 heures.

    Bref, une belle aventure, que j’ai décidé de tenter, accompagnée d’Eric, qui lui n’en n’est pas à son coup d’essai sur ce genre de course.

    Nous voilà enfin sur place, après un accueil chaleureux des organisateurs le dimanche à l’arrivée de notre avion.

    Dès le lundi précédant la course nous retrouvons Michel et Claudine Martinoli, avec qui nous décidons d’effectuer une reconnaissance du dit parcours, les 22 derniers kilomètres, de l’église de Dos d’Ane au stade de la Redoute (non on n’y fait pas ses courses…). Tout de suite dans le bain, rien qu’en regardant autour de soi, on se rend compte qu’il va falloir monter. En principe, je devrai passer à cet endroit de nuit, je suis ravie de reconnaître cette portion…En effet, nous passons sur une crête et là, il me faut éviter de regarder à droite ou à gauche ! De chaque côté le vide, sympathique non ? Ensuite de la descente, racines, marches, rochers…je me demande vraiment où je vais aller mettre mes pieds !

    Je décide le mardi, de jouer l’étoile de mer, j’ai déjà des courbatures de la veille… Il paraît que cela va passer…

    Eric, courageux ou fou, lui retourne reconnaître une autre portion….c’est amusant il ne me dira rien de précis sur cette partie !

    Le mercredi 18 octobre, retrait des dossards, une belle et gentille pagaille. Nous commençons à nous mettre dans l’ambiance.

    Jeudi 19 octobre, pour moi la tension monte, je m’occupe à la préparation de mes sacs, j’ai décidé d’en laisser un à Cilaos – au 68 kms -, et un autre à Deux Bras – au 116 kms. J’ai bien l’intention d’aller le plus loin possible….

    Cela ne m’empêche pas de craquer, je me rends bien compte de la difficulté ; je n’ai pas pu m’entraîner correctement à cause d’une déchirure au mollet fin Août, je n’ai jamais fait une telle distance avec autant de dénivelé, mais je relativise….

    Michel m’a préparé une feuille de route, en 46 heures, cela me donnera au moins des repères, mais je « table » plutôt sur 48, voire 50 heures, bref, je n’en sais rien…

    Jeudi soir, Nous avons décidé de prendre le car de « ramassage des coureurs », pour nous rendre à St Philippe, j’essaie de me décontracter en me laissant aller au « somnolage »

    Michel à l’air de faire la même chose, quand à Eric, fidèle à son mal des transports, fixe inlassablement la route.

    Après une vérification des sacs, nous attendons le départ dans une bonne ambiance, le directeur de course nous annonce la météo, elle devrait être bonne, c’est toujours cela de gagné, puis le compte à rebours, un dernier regard et baiser d’Eric « Attention à toi » et c’est parti….. Il est une heure du matin, le vendredi 20 octobre.

    Michel et Eric ont décidé de courir ensemble, pour ma part, je vais gérer. Mais nous effectuons les premiers kilomètres tranquillement et ensemble. Il y un monde fou tout au long de ces premiers kilomètres, puis je perds les garçons de vue, cela monte doucement une belle route forestière, la nuit est superbe, le ciel est rempli d’étoiles.

    Les choses sérieuses commencent, on attaque la montée vers le volcan, tout le monde marche, le sentier est accidenté, racines, pierres, boue…les discussions cessent, chacun dans sa bulle. Je n’ai pas le temps d’éviter une belle branche d’arbre, que je prends en pleine tête, première chute… Le coureur me précédant vient à mon secours, et puis par la suite à chaque branche d’arbre dépassant un peu trop, me prévient….. ! J’arrive toujours à trouver un bon samaritain…

    De toute manière, il ne m’arrivera rien, j’ai mes grigris… et un joli brin de muguet…le gentil donateur se reconnaîtra….

    Le jour se lève doucement, j’arrive à Foc Foc, persuadé que je suis déjà au ravitaillement du Volcan, mais un coup de téléphone de Claudine qui fait le relai avec Eric me fait revenir à une dure réalité… Bref, le paysage est magnifique.

    J’arrive au ravitaillement « Route du Volcan, je jette un coup d’œil sur ma feuille de route, j’ai 1h30 d’avance…mais restons calme, la route est longue….

    Nouveau coup de fil, cette fois ci d’Aurélie qui m’encourage, ils ont commencé à nous suivre sur internet, sachant où je me trouve, elle me demande comment je trouve le paysage, Lunaire !

    Je marche sur la Lune, super ! Je trouve le moyen de buter, me rattrapant (et oui dès fois cela m’arrive….) en battant des bras, ce n’est pas le moment de tomber. Au lieu d’être sur où dans la lune, regarde où tu mets les pieds, Apruzzese !

    Je continue, la plaine des sables, puis l’Oratoire Ste Thérèse.

    Nouveau coup de fil, Aline qui vient me souhaiter bonne course à moi ainsi qu’à Eric, et qui d’un seul coup, visiblement à ma respiration, me demande :

    · Tu fais quoi… ? (la, à quoi a-t-elle pu penser ? je me le demande…)

    · Je coure…

    · Ah ! tu coures…

    · Oui je suis déjà en course…

    · Oh non, je croyais que vous ne partiez que ce soir !

    Et moi d’éclater de rire, je ne voyais pas sa tête, mais j’imaginais assez bien…

    Puis un coup de fil de Marie Pierre : « Super Sylvie, je te suis depuis ce matin, dis tu serres les dents, hein, tu ne craques pas ?

    – non Marie, je te promets »

    Les SMS arrivent régulièrement sur mon portable, encouragements des copains, renseignements sur le parcours d’Eric. Nous avons réussi à nous joindre, je le rassure sur mon état, il me conseille de prendre mon temps. Je suis contente de voir que pour lui tout va bien, il m’annonce néanmoins qu’ils se sont perdus, lors d’un ravitaillement, avec Michel.

    Avant d’arriver à « Mare à boue » (vous connaissez la suite ?…), je fais la route avec quelques messieurs, depuis quelques temps, je n’ai pas vu beaucoup de féminines.

    Mare à boue, poste de ravitaillement, poulet, riz, bananes….je me restaure, assise dans l’herbe, il est 11h30, cela fait 10h30 que je suis partie, seulement une cinquantaine de kilomètres, un peu de fatigue. Les coureurs autour de moi, sont visiblement dans le même état. Je prends mon temps pour me ravitailler et me détendre. Puis en route vers « Kerveguen », passage d’échelles, chemin boueux, rondins au sol, c’est difficile d’avoir des appuis corrects, et ça monte !

    Je vais mettre pratiquement 3 heures pour y arriver, et il n’y a qu’une dizaine de kilomètres… !

    CILAOS ! Grand poste de ravitaillement, j’ai profité de la route en descente pour courir réellement, j’y arrive vers 16h30, j’ai toujours mon heure et demi d’avance, si je peux dire. Beaucoup de spectateurs, des encouragements, je rentre sur le stade, que de coureurs. Nous sommes au 68ième kilomètre. Je récupère mon premier sac et en route pour la douche, super, elle est chaude, je savoure, enlever la couche de crasse, quel bonheur. Je renfile des affaires propres, et me dirige vers « le resto ». A nouveau, poulet, riz. Je mange !

    Quelques féminines sont là, après discussion, une réunionnaise et moi décidons de repartir ensemble, pour la première vraie nuit, il est 18h00 lorsque nous re-démarrons, pour votre information, la nuit tombe…à 18h30 et il fait nuit d’un seul coup.

    Je suis persuadée d’être déjà dans la montée du « Taibit », entre temps j’ai perdu ma petite camarade de course, j’ai beau me retourner, je ne la vois par revenir. J’ai réussi à contacter Claudine qui me dit qu’elle m’attend dans la montée et fera la route avec moi. Malheureusement, elle m’annoncera, zut encore !, que je ne suis pas dans cette fameuse montée, mais dans celle qui la précède et tout aussi sympathique. J’arrive enfin au départ du « Taibit », il fait nuit, je regarde autour de moi, il y a des lits de camp, je suis tentée d’aller me coucher, découragée par l’annonce de Claudine. Mais cette dernière me secoue, il faut que tu montes, et ensuite tu ailles jusqu’à « Marla », là si tu es fatiguée, tu te couches. Je dois avoir l’air complètement hagarde, elle n’arrête pas de me répéter la même chose !

    Je me ravitaille et la bise à la copine et j’entame cette fameuse montée….

    Mes ennuis commencent, la fatigue me fait tituber, je vais de droite à gauche, je m’arrête. Drôle de sensation, saoule de fatigue ! Je suis assez tentée de faire comme certains coureurs, sortir la couverture de survie, m’enrouler dedans et dormir sur le bas côté ; mais j’ai en tête les conseils de Claudine, je serre les dents. Enfin le sommet et j’entame la descente sur « Marla », toujours titubante, je ne tourne pas la tête, je regarde du mieux que je peux devant moi, le faisceau de ma lampe me guidant…Dur, dur. Un petit monsieur me dit, elle est facile…ben voyons, de la caillasse….

    Marla, 23h00, je n’ai plus qu’une demi-heure d’avance sur le « planning de Michel ».

    Je me dirige vers le ravitaillement, et là catastrophe, rien ne passe. Je prends la décision de m’arrêter, je téléphone à Eric et lui explique la situation. Il m’encourage dans ce sens, repose toi, il faut que tu ailles au bout !

    Pour lui, également moments de galère, ses genoux le font souffrir, il songe à abandonner, je lui conseille d’aller moins vite…, et de poursuivre jusqu’au prochain poste de ravitaillement où il y aura médecins et kinés.

    Je me dirige vers la tente « dortoir », bien entendu, il n’y a pas de place, ni de couverture laine. Je me trouve tout de même un endroit, sors ma couverture de survie. Première surprise, elle a un trou pour passer la tête, on va faire avec… Mais en la dépliant, elle se « déppiote » Donc avec les morceaux restant je m’enroule comme je peux, emmitouflée dans ma parka de course j’essaie de trouver le sommeil…Difficile, entre les partants, les arrivants, les ronfleurs et les montres bippeuses….Mais j’emmerge vers 1h00 du matin. Mon inquiètude est de déplier mes jambes…comment vont-elles réagir ? Visiblement tout va (bien, je ne sais pas ? mais ça va) Direction le poste de ravitaillement, il faut que je m’alimente. J’avale déjà un thé, puis je tente un bol de pâtes…et oh joie, cela passe, me voila un peu rassurée, je me force à tout avaler, puis bananes, coca….drôle de régime !

    J’aperçois un groupe de messieurs qui se prépare, je me joins à eux pour repartir.

    C’est assez super, nous formons un petit ruban lumineux, comme moi, mes compagnons de route ont du se reposer, donc cela discute pas mal, c’est assez sympa comme ambiance. Nous arrivons à Roche Plate vers 4 heures du matin et nous avons parcouru depuis le départ de St Philippe, 89 kms. Le comité d’accueil est très chaleureux, gentils bénévoles au petit soin pour le coureur, versant, touillant le café…je reste quelques minutes et je repars seule dans la nuit, mais je sais que le jour se lèvera d’ici 1 heure. Une jolie forêt de filaos, un chemin agréable mais débouchant sur un passage, à droite le précipice et à gauche la main courante, que je me dépêche d’attraper !

    Eric me rappelle, il continue, visiblement les kinés ont réussi à le soulager, il a environ 7 heures d’avance sur moi.

    Les kilomètres se succèdent les uns aux autres, maintenant, il fait bien jour, le temps est superbe, j’arrive à « Grand Place les bas », musique, et accueil toujours aussi chaleureux, il n’y a que quelques maisons, bois sous tôle ! la case !

    Les descentes succèdent aux montées, je me fais rejoindre par une féminine, nous nous retrouverons dans la montée sur Aurère, poste de ravitaillement où il nous sera servi de la salade de fruits, j’en profite pour aérer mes pieds, et leur remettre un coup de « Nok », l’état général est assez bon, les kilomètres défilent, je suis au 108km. Puis, le poste de « Deux Bras », j’ai déposé un sac, mais je ne le prends pas, belle erreur que j’ai faite, les ampoules arriveront après, faute de ne pas avoir changé de chaussettes et remis de la Nok. Il est 13h30, il me reste environ 27 kilomètres. Je prends le temps de me ravitailler, à côté de moi, sont installés quelques organisateurs, je discute un peu avec eux, et, je décide de repartir. J’attaque la montée sur « Dos d’Ane », et là, je comprends pourquoi Eric ne m’a rien dit sur cette partie du parcours que lui a reconnue… Ca monte….et à pas mal d’endroit, il y a des cordes, c’est limite escalade, il y a le vide tantôt à gauche, tantôt à droite. Je bénis mes gants de VTT. Je trouve tout de même le moyen de discuter avec d’autres coureurs, des « oreilles » ou des réunionnais, le temps passe plus vite.

    Dans cette montée, coup de fil, c’est Eric, il vient de terminer et avec Michel, je suis super heureuse ! Je lui indique ma position, il me renouvelle ses encouragements et me dit d’être prudente, tu as le temps, prend le ! Ouais, mais j’en ai marre, c’est long, il est 16h15 lorsque j’arrive au Stade de Dos D’Ane, cela fait 39 heures que je suis partie. En plus, c’est la partie que nous avons reconnue, je ne plante pas la tente, je pense à la petite crête avec le vide de chaque côté et je me dis qu’il serait préférable que je la passe rapidement, et sans trop de coureurs, je taille la route. Et toujours de la montée…mais la vue est magnifique, puis descente vers le « Kiosque d’Affouche », 130ième kms. Dossard 38 annonce une personne et une féminine !

    Les coureurs présents applaudissent, super sympa. Je passe un coup de fil à Eric, il est 18h15…je lui dis, il me reste 13kms, j’en ai pour 1h30….vachement sure d’elle la minette, Eric, me répond gentiment, ne t’inquiètes pas on t’attend…..

    Et là commence mes petits malheurs, le début de la descente se passe à peu près bien, je mets tout de même 2 heures pour parcourir 8kms….il m’en reste 5, de cailloux, de racines dans le noir, malgré ma frontale de qualité (merci Yahn !) j’ai l’impression de passer et repasser aux mêmes endroits, je glisse, je tombe, mes genoux me font souffrir, les ampoules sont là et en descente sans trop d’appui, je déguste, je finis par craquer, je suis toute seule ! Ras le bol, la tête commence à me lâcher, non pas maintenant ! Je finis par sortir de cette forêt et enfin, j’aperçois les lumières de St Denis, encore quelques mètres avant le bitume, il me reste 800mètres, je me mets à courir, le stade devant moi, j’aperçois Eric, Michel et Claudine, ils me guettent, ça y’est ils m’ont vus, le « chacha » habituel d’Eric…les encouragements. Plus que quelques mètres sur la piste, je trouve le moyen d’accélérer, le chrono indique 44.59…, je ne comprends rien, je n’ai plus la notion du temps, les 5 derniers kilomètres auront eu raison du peu de tête qu’il me restait.

    Je la franchie cette fameuse ligne d’arrivée…..je m’appuie sur la barrière, je craque. Puis je réalise enfin que je viens de vivre une belle aventure, la mienne.

    Merci à mes petits camarades pour les nombreux messages. Eric, je sais maintenant ce que l’on ressent après une telle course.

    Sylvie

    Témoignage : Vulcain 2006 (Pascal)

    Trail de Vulcain à Volvic

    Depuis septembre et après 6 mois d’attente et quelques sorties longues de préparation, le week-end du trail est enfin là. La vingtaine de CIVC se retrouve à 10h à la Mare aux canards et je pars en retard (Noé et Aubane ont du mal à laisser leur papa) et déjà le portable sonne (Marie-Pierre (MP) attend son chauffeur).

    Le top départ est donné en file indienne de 4 voitures derrière Luc R. Sur la route, le ton est donné dès Orléans avec une tempête de neige, un pique-nique glacial qui se termine dans la station essence.

    15h00, nous arrivons à Volvic avec un bon rayon de soleil et déjà une course : Le Trail de Vénus (12 km pour un Trail 100% féminin). Entre le départ et l’arrivée, nous récupérons nos dossards et les 1ere consignes de la course. Après l’arrivée des 1ere femmes de Vénus, une petite balade touristique dans Volvic s’improvise où nous recherchons une expo d’émail sur pierre de lave (petit cadeau pour Mathilde).

    Fin de journée, les Civc arrivent au gîte de Chanat la Mouteyre pour récupérer les chambrées, préparer le matos du lendemain (sac à dos avec bouffes et autres secrets et potions magiques…) Fanfan ferme mal sa poche d’eau et son sac se retrouve à sécher devant un radiateur. Le repas tous ensemble dans une bonne ambiance avec déjà les conseils des anciens (oups, les habitués de ces épreuves) peignent la magie de ce week-end nature et d’aventure. Dehors, le temps se résume à la pluie et au vent, tant pis on verra demain. Avant de se coucher, chacun donne les dernières touches à ces préparatifs et extinction des feux assez tôt car le petit déj est servi à 6h30.

    Dimanche, le grand jour, 7 à 10 cm de neige, ça promet !

    Le départ du gîte commence par une séance d’échauffement et de gelage de mains : le déneigement des voitures. Les routes sont blanches et après quelques Km nous arrivons à Volvic dans le gymnase pour le débriefing et nous apprenons que nous ne ferons pas le sommet du Puy de Dôme car plus de 2 m de congère et chemin verglacé.

    Les Civc se retrouvent sur l’aire de départ après vérification du matos pour une photo de groupe souvenir (allez sur le site www.traildevulcain.new.fr, vous verrez !) Le klaxon retentit et c’est parti pour cette 5eme édition avec un temps clément et un terrain blanc de neige. Malheureusement après 2 km de montée (encore 4 pour la 1ere montée) Aline grippée est obligée de rebrousser chemin (bravo pour le départ, mais la santé avant tout)

    La course part dans une bonne ambiance, avec Jean-Philippe (JP) et Sylvie, nous montons et d’un seul coup en voyant Eric nous freinons (peur de partir trop vite), nous ralentissons laissant Sylvie continuer son aventure. Alain et Ben nous dépassent ainsi qu’Yves, nous attendons Philippe puis Fanfan et Aurèlie. Tous les 5, nous arrivons en haut du Puy de la Nugère avant de redescendre vers le Bois Mauzac (au passage sourires au photographe officiel). 2eme ascension, le Puy de Louchadière, au sommet (1er contrôle et pointage) nous en profitons pour manger. Fanfan part à fond devant car dans la descente c’est une gazelle. Ensemble, nous arrivons au 19eme km (1er ravitaillement à Vulcania) avant les 3 heures (barrière horaire pour le 52 km) Natou nous encourage et Franck continue son reportage photos. JP et Philippe laissent Aurélie et Fanfan sur le 32 km et tous les 3 nous nous dirigeons vers le Pariou avec l’arrivée du soleil dans ces paysages immaculés de neige. Au 28eme km (2e ravito et mi parcours) nous retrouvons Franck pour une pause photos. Avant de repartir, nous voyons MP et Michel (Mimi). Les jambes sont encore bonnes et avec grand plaisir nous prenons un pente de 12% sur 1,5 km (la route grimpant au sommet du Puy de Dôme). En haut, 2e contrôle et pointage, laissant à droite le sommet non praticable (économie de 3 km A/R) nous prenons sur la gauche direction le col de Ceyssat en contournant par la droite le Puy de Dôme. Le soleil est toujours bien présent avec un belle vue nous faisons une photo souvenir avant de gravir le passage entre le Cliersou et le Grand Suchet. Dans la descente, vers Vulcania, les jambes commencent à être moins alertes aux aléas du terrain accidenté par la neige et le verglas. Nous attendons le retour de MP et Mimi pour se poser au 41eme km (dernier ravito, le même que le 19eme). Plus que 14 km dont 6 km de grande descente, les 5 repartent ensemble mais Mimi décroche un peu (parti pour le 32 km, c’est déjà bien). Progressivement, durant les montagnes russes de cette dernière boucle, le petit groupe s’égraine, JP se détache devant, je reste avec MP. Après quelques glissades et gamelles sur les fesses (MP s’arrêtent la tête dans la neige), Philippe reste avec MP et je pars devant pensant que c’est la dernière descente et que je peux tout lâcher, mais il reste une dernière montée sur le Puy de la Nugère ; un petit coup au moral mais tant pis je serre les dents après ce sont les 6 derniers km. Ils sont à la fois durs (jambes lourdes) et beaux car retour sur Volvic avec le soleil et la joie d’avoir accompli la course la plus longue de ma vie de coureur : à l’arrivée, 52 km en 7h52 dans les jambes et les applaudissements des Civcettes du 32 Km et JP.

    Philippe et MP franchissent la ligne avec le sourire et ensuite Mimi ferme la marche du CIVC dans laquelle Jérôme, Luc R., Eric, Sylvie et JP les ont précédés.

    Déjà douchés les CIVC du 32 km ( Stéphane, Samuel, Alain, Ben, Yves, Aurélie, Fanfan) nous accueillent dans le gymnase pou le podium où nous voyons Sylvie, sourire aux lèvres, à la 4eme place des femmes et 1ere Vétérane.

    BRAVO à tous, c’était un super week-end de Trail blanc…
    A la prochaine aventure avec des nouveaux « trailers »
    Pascal

    Témoignage : Vulcain 2006 (Michel)

    Histoire de la petite aventure d’une grande équipe..

    Ca y est, c’est le grand jour, il est 10h du mat, ce samedi ,RV à la mare aux canards, et c’est parti pour VOLVIC…

    A mi parcours, on est déjà sous les intempéries neigeuses, l’autoroute est heureusement roulante..

    On casse croûte à 13H sur une aire d’autoroute, la pluie a remplacé la neige, et ca caille et ca vente, ca va être chaud si on subi ce type d’intempérie pour le trail..

    Arrivée vers 15H à VOLVIC, réception des dossarts au gymnase ,essai du Buff,ça ,c’est une idée originale et qui sera utile demain, puis encouragements des féminines locales de la Vénus, course de 10km…, enfin petit tour dans la ville, avec visite d’une Expo d’émaux sur pierre de lave de toute beauté… prix auvergnats.. mais comme l’art n’a pas de prix…

    Vers 18H départ vers notre lieu d’hébergement, un superbe manoir à chambrée variable (de 3 à 8 lits),mais les encoignures de portes sont d’époques, et Eric ,avec son tirant d’eau trop grand, racle le fronton et à déjà l’attitude courbée de sa prochaine rencontre avec les cousins de l’île de la Réunion (j’ai bien dit de la Réunion, et non de la tentation)…

    Repas sportif(vives les pâtes) la patronne (sosie de Murielle Robin) est sympa, on n’attend qu’une chose :qu’elle se prenne les portes Saloon dans le nez, mais elle est fine (SIC) mouche et ne se laisse pas prendre au piège….L’ambiance et bonne, on a été rejoint par Ben et Alain, et leur petit bout de choux à trouvé un nouveau nounou, et n’en décolle pas…

    Aline n’est pas en forme, ca va être très dur, demain ,la course pour elle…

    22H,préparation du Kamelback ,on apprend que la course de 55km sera amputée de la montée du puys de dome si les condition météo sont mauvaises (risque de neige pendant la nuit).Cette info m’intéresse, car si je suis prévu sur le 33 km et 1300m de dénivelée, le fait de raccourcir la distance et la dénivelée (de 55 et 2300 m de dénivelée initial, on passe à 52 km et 2000 m de dénivelée…) ce qui me la rend pourquoi pas accessible ….malgré mon entraînement limité…Bref, on verra demain…

    Extinction des feux dans notre chambrée (Chouby,Eric,Pascal,Philippe,Franck,Jérome,Luc et moi),je m’endors en rêvant non pas des moutons, mais d’aller jusqu’au bout…

    Dimanche :6H30

    Branle bas de combat : tout le monde debout :On regarde par la fenêtre embuée :il a neigé pendant la nuit, une bonne couche de fraîche, au moins 10cm en bas des pistes. Super !

    Petit dej copieux, avec yaourt ,fruits…on va avoir besoin d’énergie…Marie se propose de me servir de coach si je veux tenter le grand parcours….

    Opération déneigement et dégivrage des véhicules, les rétros du monospace de Pascal, emprisonnés par la glace, refusent de s’ouvrir…

    J’en profite pour créer une petite bataille de neige, histoire de se mettre en jambe..

    Descente prudente vers Volvic, sans chaîne, le lourd monospace glisse tout seul sur la route verglacée..

    Confirmation de l’organisation de l’amputation de la montée totale au puys de dôme, pour cause de sécurité(congères de 2m50 au sommet !)..déception des pros du team CIVC….enfin, la couse promet d’être belle quand même…

    Départ retardé de 30min,

    Photo du groupe frais pour l’instant par Franck, en convalescence de blessure et qui sera pour l’occasion bombardé grand reporter

    Allez GO, c’est parti finalement à 9H30 !

    J’ai acheté pour l’occasion un bonnet, j’ai mis des gants de laine chaud, mon Buff autour du cou, mais comme cela monte déjà pas mal, je sens que je vais avoir trop chaud avec tout cet harnachement. Aline ,avec beaucoup de courage, a pris le départ ,mais le pronostic défavorable est confirmé. Handicapée par son rhube qui n’est pas des foins, mais viral, elle

    monte avec difficultés, et au terme de 2 ou 3 km de course, me signale son attention d’abandonner le trail. Je l’incite à la sagesse, il est évident qu’elle ne pourra terminer dans ces

    conditions.. Dur Dur pour Aline…Allez, elle en fera d’autres….

    Pour ma part, l’ascension continue, le chemin se resserre, devient plus escarpé, et je commence à maugréer mes ASICS non adaptées au terrain enneigé. Je perds la notion de temps, je me cale sur un prédécesseur dont j’ai a peu près le même rythme, et un moment

    me retrouve au niveau de Fanfan et Aurélie, que je ne vais plus quitter jusqu’au 1er ravitaillement . Proche du puy de la Louchardiere, (c’est le 3 puy sur un total de 9)

    cela monte et patine sévère , ca va promettre au retour…Ca y est, 1er ravitaillement, l’équipe Philippe,Pascal,Jean philippe est déjà la, prête a repartir pour la grande boucle, Marie arrive

    je traîne un peu devant le stand, il y a du soleil et des nanas, non pardon du cantal et des quartiers d’oranges, c’est vrai qu’il fait beau, je ne vois pas repartir Fanfan et Aurélie,

    Marie me demande si je l’accompagne ,moi j’ai en tête la carte IGN,avec les 9 puys du parcours, qui font dessiné en vue de dessus comme des ronds dans l’eau, on a monté déjà 1000m ,Philippe m’ayant indiqué que si on arrivait avant 12h,le grand parcours était possible. C’est le cas. Je prends ma décision :le grand parcours c’est si je prend à droite ,donc,je prend à droite(Décision non politique, s’entend, mais uniquement de parcours et aucune allusion avec un certain Bruel Patrick, chanteur de son état, mais certainement pas Traileur)

    Sus à Marie (On ne rigole pas) Le chemin est super, les branches enneigées font la révérence, et formes parfois un véritable tunnel à hauteur d’homme…

    Par contre, la température inférieure à 0 degré fait geler l’eau de l’embout plastique. .Il faut que je boive toute les 10min pour ne pas créer un bouchon de glace.(de toute façon, j’ai soif).

    Marie est très régulière dans son rythme de course contrairement à moi qui joue au yo-yo, je n’arrive pas à me réguler…Le paysage enneigé est magnifique, ca y est, je vois le puy de dôme que l’on va contourner….

    2eme ravitaillement, on rejoint à nouveau l’équipe Philippe,Pascal,Jean philippe ,on discute un peu, le sommet du puy est dans la brume ,ils repartent, le grand reporter Franck nous prend en photo, profitant d’une éclaircie qui illumine le sommet du puys de dôme .Magnifique..

    Je suis encore frais, du moins je le crois, on a fait 28 km, Marie est prête a repartir pour la suite de la boucle, nous montons sur le flanc du puy, elle me met 150m dans la vue et je n’arrive pas à la rattraper…C’est le début des difficultés pour moi…des jeunes dévale la route en ski, cela grimpe, c’est long, je booste comme je peu, Marie en point de mire, réduis la distance à 50m.Elle m’attend à la bifurcation nous permettant de reprendre le chemin des chèvres, cela descend, comme d’hab ,je vais plus vite qu’elle en descente, mais elle me rattrape dans les cotes…On est environ à 35 km du départ, j’ai une certaine tendance à sentir un début de crampe au dessus des genoux (chose qui ne m’est jamais arrivé)..Cela grimpe, Marie marche vite, je m’accroche, damned, elle a la pêche, cela me gâche un peu le plaisir

    d’admirer les paysages vraiment superbes, hors du temps, on domine la vallée vers Clermond Ferrand…Il fait toujours beau temps. Je m’applique à ne pas me faire larguer..

    38 km, enfin une descente, je lâche un peu Marie, et oh surprise ,m’aperçois que le groupe P P JP est devant moi. je force un peu l’allure, les rejoins. .Eux aussi sont surpris de me voir, je leur dit que Marie n’est pas loin derrière, je l’attends 20 secondes, lui dit que le groupe PPJP est juste devant….Grave erreur de ma part, car elle force l’allure, les rejoints, les doubles…

    moi, je suis 100m derrière, je commence a être en vrac…heureusement le ravitaillement Km 41 est en vue…plus que 3 petites cotes…puis après descente vers Volvic, du moins c’est ce que pense….Super le ravitaillement (j’ai à nouveau particulièrement apprécié le fromage, et le café chaud ,il fait moins 7° ,l’eau gazeuse gèle ,les bénévoles sont la depuis le matin, super sympas malgré le froid….

    Bon ,on repart en groupe ,mais je me fais tout de suite larguer, il reste 11km,dont 3 insignifiantes ,petites cotes dont je me souviendrais…

    Je suis seul, j’alterne 200m course,200m marche, mes batteries sont à plat, plus de jus, je me motive dans les minables cotes, « arrête de te plaindre, imagine ce qu’endure ceux qui monte aux plus hauts sommets »… Un coup de vent soudain fait tourbillonner un nuage de poudreuse, me fais prendre conscience qu’heureusement que le temps est clément…

    Je regarde au loin le puy de dôme, superbe, loin ,très loin déjà :cela m’encourage,

    je tiens le bon bout, je sais que j’irais au bout de cette boucle..

    km 48 :Le puy de Jumes est vaincu, j’attaque la descente, qui n’est pas de tout repos, satanées chaussures ,je glisse, sur les fesses, puis accroupi sur un pied, puis l’autre…vaille que vaille.

    La température est basse, le chemin verglacé, je m’étale, reste 30 secondes en vrac, à nouveau

    début de crampes, je cramponne mes orteils pour les soulager…Me relève, cours à nouveau 100 m et m’étale .Bravo, bien joué, pauvre C..

    Il est temps que cela ce termine, surtout que je suis surpris par un bout de cote ridicule (100m à tout casser ) mais qui me casse le peu d’énergie qui me reste….

    Les derniers km furent difficiles, malgré la descente ,mais je savais que l’objectif assigné allais être atteint : 52km,2000m de cote, 8h 10 environ, le groupe PPJP&M avec environ ¼ d’heure d’avance sur moi, pas mal, finalement ;pour une première.

    Comme disais Madame Denis avec son accent du terroir: C’est bien vrai que je ne ferais pas cela tous les jours, j’abonderais dans son sens, mais à cœur CIVC, beaucoup est possible, moi qui est mis 2 semaines à me remettre de ma 1ere course R4C…,il y a 3 ans

    Il m’a fallu 3 jours cette fois ci pour être à peu près opérationnel..

    A tous ,merci encore ,en particulier à Marie pour le coach, à Sylvie pour le choix de ce très beau trail ,et à Steph pour la motivation du TEAM !

    Bon il est 01h30 du matin, j’arrête cette bafouille…

    A bientôt

    Michel S

    Témoignage : U T M B 2005 (Eric)

    U T M B 2005

    Qu’ils soient d’Arrées où du Ventoux, de Saint Michel où de Vénus, j’ai déjà eu part le passé l’occasion d’escalader, de visiter et d’admirer tout ces MONTS que l’on rencontre au cour d’une vie. Mais celui qui mobilisait toute mon attention depuis plusieurs mois était un géant Blanc de plus de 4800 mètres de hauteur.

    La folle mission à laquelle j’allai participer avait pour nom de code UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc). Une mission relativement simple dans sa conception, encercler le géant et toutes les murailles qui le protège dans un délai le plus court possible, mais extrêmement difficile et périlleuse à réaliser : 158 km ; 10 cols à franchir ; 8640 m de dénivelé positif ; 3 pays à traverser et un délai max de 45 heures.

    Beaucoup des 2000 volontaires au départ de Chamonix ce vendredi 26 aout, ne pourrons boucler ce tour infernal. Et malgré une préparation et un entrainement des plus sérieux, un mental d’acier !…. cette petite pointe de doute plantée au fond de soi :

    Serai’ je parmi cette petite poignée qui pourra nouer son fil d’Ariane de retour à Chamonix ?

    Ou ferai’ je partie du plus grand nombre d’entre nous, qui aurons vu se briser le fil, ainsi que leurs espoirs de vaincre le géant ?

    Chamonix 19 heure : Un moment d’une intensité exceptionnelle, un immense frisson intérieur, la gorge nouée part cet instant magique, transcendé pars un beau soleil d’aout, la musique du film Christophe Colomb et une foule impressionnante. Mon regard croise une dernière fois celui de Tristan, qu’elle intensité, que de mots silencieux « Bonne route, prend garde à toi et que tes forces t’emmènent jusqu’au bout » Enfin, nous pouvons libérer toute cette énergie accumulée pendent toutes ces heures, ces semaines, ces mois d’entrainement.

    Les premiers Km, rester calme, partir doucement ! non encore plus doucement !…….. Je m’enivre de ces premiers instants de course ou le corps et la tête fonctionnent parfaitement. Les foulées s’enchainent, Les Houches (km 8, alti 1012m) petit ravitaillement, les premières pentes raides du col de Voza (km 13, alti 1653m) et, comme une récompense pour nos premiers efforts un coucher de soleil fabuleux. Une lumière extraordinaire, rouge orangée éclaire les sommets enneigés qui se détache sur un ciel d’un bleu pur. Km 20, la Villette, « ralenti, t’es trop vite, RA…LEN…TI !!! »

    Les Contamines 3 h 30 de course (km 25, alti 1150m) premier gros ravitaillement. Qu’elle ambiance, beaucoup de monde dans les rues, ça crie, ça tape dans les mains, plein de lumières, un orchestre au top de sa forme. Ca donne envie de rester, mais bon encore plus de 130 bornes à avaler, allez c’est reparti.

    Bon là, c’est du sérieux : Notre Dame de Gorge (km 29 alti 1210m) ; La Balme (km 33 alti 1706m) ; col de la Croix du Bonhomme, (km 38 alti 2479m), plus de 6 h de course. Je prends le temps de me retourner dans la montée du col pour admirer cette immense guirlande lumineuse qui serpente à travers la montagne. Très grosse descente technique et glissante (930 m de D – ) sur les Chapieux et très grosse chute, 5 / 6 m dans la caillasse. Le pouce et la fesse gauche ont morflés, la frontale à volée et le bâton droit est méchamment tordu. Ouah………… la décharge d’adrénaline « calme toi, et Bordel de merde RALENTI. et Sylvie, elle t’a dit quoi : fait attention à toi ! Alors «

    Les Chapieux 2 éme gros ravito (km 44 alti 1549m) 7h 13 depuis Cham. Soupe, saucisson, pain, compote, chocolat et c’est reparti. Il est presque 3 h du matin . Les 7 km qui nous conduisent au refuge des Mottets se ferons sans frontale. La nuit est superbe, toute étoilée avec un joli quartier de lune, suffisant pour éclairer notre route. Devant nous le col de la Seigne ( km 54 alti 2516 m) Premier coup barre sérieux à 800 m du sommet. Arrêt, boisson et pastilles énergétiques, quelques flexions de jambes, allez l’Italie est de l’autre coté. Refuge Elisabetta (km58 alti 2200 m) petit arrêt, soupe quand même et direction un autre gros morceau : l’Arète du Mont –Favre ( km 63 alti 2435 m) Pendant l’ascension le jour se lève, magnifique, les jambes commencent à faire mal, mais bon on a 9 bornes de descente pour arriver à Courmayeur et la je remets toute la mécanique à neuf !!!

    Arrivée à Courmayeur à 7 h 50 ( km 72 alti 1190 m) Les 1240 m de dénivelés négatifs ont été très dur mais le sourire et les encouragements de Sylvie me font un bien immense. Je récupère mon sac avec mes affaires de rechanges. Dans les vestiaires je retrouve Tristan, nos regards se croisent, ce n’est plus le même qu’au départ, près de 13 h de course sa secoue déjà pas mal. Nous prenons quelques secondes avant de pouvoir parler « c’est pas gagné ! ». « Non t’as raison c’ est pas gagné !!! » Je vais rester près d’une heure, pour prendre une douche, me changer, manger, me masser et me recharger des mots d’encouragement et de motivation de Sylvie et Valérie. Merci les filles ça fait du bien. Près de 300 d’entre nous n’arriverons pas à Courmayeur et plus de 450 ne repartirons pas.

    Il est 8 h 55, un dernier baiser de Sylvie et je quitte la base. Plein d’encouragements de coureurs qui se dirigent vers le car qui repart sur Chamonix, très gros frisson dans le dos. Et moi c’est pour quand ?

    Concentration maximum, j’attaque la fameuse montée sur le refuge Bertone : 800 m de dénivelé en 5 km. Fait chaud, mais ca monte pas trop mal, reste calme, tranquille.

    M…de ! c’est long quand même. 10h 20 enfin le contrôle au refuge Ouf ! Devant moi un très beau sentier en balcon ,12 km à 2000 m d’altitude, direction le refuge Bonatti ( km 84 alti 2020 m) puis descente sur Arnuva au pied du Grand Col Ferret.

    On est samedi 13 h et je démarre l’ascension du Grand Col Ferret point culminant de la course à 2537 m. Rester calme, gérer les quelques forces encore disponibles et puis attendre, laisser défiler les mètres et les minutes qui nous conduisent au sommet, frontière Italo Suisse.1 h 30 pour faire les 4 km. Un grand coup de chapeau et quelques mots d’encouragement pour les bénévoles qui sont là. Comment font ‘ils pour rester si longtemps ? Admiration.

    Le moral est bon et le physique n’est pas catastrophique, il me reste un peut de force pour attaquer la descente vertigineuse de 19 bornes et 1387 m de D – , pour atteindre Praz De Fort. Je m’étonne de pouvoir courir encore aussi souvent Dans le milieu de la descente le ravitaillement de La Fouly, plutôt bien venu, et en plus les filles sont là. Sylvie est venue à ma rencontre et fait un petit bout de chemin jusqu’au ravitaillement. C’est bon de pouvoir parler, raconter un peut ce que l’on est entrain de vivre et avoir des nouvelles des copains. Peu de monde au ravitaillement et des tables de kinés libres j’en profite pour me faire masser, mes jambes commencent à être sérieusement lourdes. Sylvie refait le plein de mon Camel, une boisson énergétique dans ma gourde et allez en route pour les 17 km qui nous reste avant Champex prochaine grande base de ravitaillement. Le reste de la descente ce passe plutôt bien, j’arrive à trottiner régulièrement, mais la montée sur Champex est terrible mes dernières forces se sont évanouies et c’est à l’arrache que j’arrive à la base de Champex ( km 119 alti 1391 m)

    Il est 19 h 10 plus de 24 h de course, le sourire de Sylvie, les supers bénévoles qui m’encouragent et me tendent mon sac d’affaires de rechanges n’arrivent pas à estomper ce doute qui s’installe en moi : comment faire pour aller plus loin ? Avec qu’elles forces ?

    La motivation reviendra quand Tristan, arrivé 1 h avant moi, proposera que l’on reparte ensemble pour affronter la 2ème nuit à deux. Après plus d’une heure d’arrêt il presque 20 h 30 quand nous quittons la base. Nous estimons à 10 h le temps pour faire les 40 derniers km. La pluie a fait son apparition pars intermittence depuis la fin d’après-midi, mais dès les premières pentes de la montée sur Bovine les robinets sont ouverts en grand. Cette montée sera apocalyptique ! Pluie battante, boue, blocs de rochers, brouillard, 2 heures de lute dans la bouillasse……… interminable !

    L’eau et la boue rendent les descentes très périlleuses et malgré les battons d’une grande utilité, touts nos pas, touts nos appuis sont aléatoires, glissades et chutes n’épargneront personne. Calé dans le sillage de Tristan, ou coincé dans un petit groupe de coureurs j’avance tant bien que mal. Mon instinct de coureur me permet d’avancer sans trop réfléchir heureusement si non …………… ? Ravitaillement de Trient ( km 132) Sylvie et Valérie sont là, c’est bon de les revoir. Ambiance très particulière dans ce ravitaillement, ça sent le fromage à raclette il y a plein de chose à manger, de la musique, une piste de danse avec quelques bénévoles qui s’agitent, un bar avec une brochette de gars accoudés. Robert, un coureur de Bures avec qui j’ai fait un bon bout de chemin dans la journée arrive et me dit qu’il va prendre une bière et que c’est bon pour ce qu’on a. Alors, vas pour une bière( vu dans l’état dans lequel je suis ). Sur ce arrive Jérôme et ses deux acolytes d’Endurance Shop et nous voyant à la bière s’y mette aussi ! Il est minuit passé il est tant de repartir.

    Une bonne montée sur les Tseppes, puis descente sur les Esserts et Vallorcine ( km 142 alti 1260 m) le tout sous la pluie dans la boue, la gadoue et le brouillard. J’ai de plus en plus de mal à rester au contact derrière Tristan. C’est dans un piteux état que j’arrive au ravitaillement de Vallorcine. Les bénévoles s’aperçoivent de mon état et me prennent en main immédiatement. Un kiné sur chaque jambe, une infirmière vérifie mon taux de glycémie et me pose plein de questions pour faire un bilan de mon état physique et mental. Sylvie arrivée entre temps, ne prend position ni pour l’infirmière qui aimerait me voir m’arrêter, ni pour moi, qui petit à petit retrouve mes esprits et quelques forces pour espérer aller au bout. On m’oblige à me ravitailler copieusement, soupe, saucisson, pain, banane, chocolat le tout arrosé au coca Il est 3 h 30 du mat, Tristan a les yeux qui clignotent pas mal, le manque de sommeil commence à ce faire sérieusement sentir. Les filles nous encouragent du mieux qu’elles peuvent, elles savent que c’est la dernière ligne droite, nous ne nous reverrons plus avant Chamonix.

    Le col des Montets ( km 146 alti 1461 m) Argentière ( km 149 alti 1260 m) dernier ravito. Assis sur un banc, l’air hagard, mes battons sur les genoux, je regarde Tristan boire un double café pour combattre les assauts du sommeil. Direction Chamonix, un peut de route et puis un chemin en balcon plein de cailloux. Une succession de petites montés et descentes, j’en peux plus, mes jambes ne veulent plus fonctionner ma tète non plus. Le chemin repart sur la droite ça monte dur. Trop dur pour l’état dans lequel je me trouve. Stop, je disjoncte, j’appelle Tristan, nos regards se croisent une nouvelle fois « Pardon !mais pour moi ça s’arrête là ! » Il a compris que j’étais au bout, mais il sait que je finirais cette course. Je le regarde s’éloigner, nous nous retrouverons derrière la ligne magique. Les derniers instants de course sont indéfinissables très intérieurs, un mélange de plaisir intense d’avoir réussi, noyé dans une souffrance que l’on a appris à apprivoiser au fil des heures.

    Voilà c’est fait, je viens de passer sous l’arche d’arrivée que j’avais franchie dans l’autre sens il y a 36 heures et 40 minutes. Je viens de vivre des moments les plus intenses de ma vie. Je voudrais dire merci à ceux avec qui je les ai partagés et qui mon certainement permis d’aller au bout. Merci à toi Tristan, cette 2 ème nuit aurait surement été beaucoup plus dure et plus longue seul, tu es pour beaucoup pour ce super chrono (pour moi !). Merci Sylvie pour ta présence et tout ce que tu m’as apporté tout au long de cette course. Merci Valérie pour tout tes encouragements à chaque ravitaillement.

    E.B