Le 27 octobre dernier, un chanceux (Paul Dunon) courait à Venise.
Il termine en 3h35, se plaçant 1219è sur 5344 et 122è/646 en V2.
Son récit :

J’ai eu la chance, grâce à la participation du CE de ma boite, de courir ce weekend le Marathon de Venise. Nous étions un groupe de 10 coureurs et coureuses de tous ages, dont 4 qui tentaient là leur premier marathon. Pour ma part, c’était mon 5ème marathon, après Nice en 2010, Paris et New-York en 2011 et Londres en 2012 (record perso en 3h47). Je n’avais pas fait de marathon au printemps 2013 pour cause de préparation de l’Ironman de Vichy en Septembre, terminé en 13h40.

Nous avions pris un package chez Thomas Cook marathon, avec avion+hotel+dossard. Formule pratique, mais notre hôtel était en périphérie de Mestre, et il fallait prendre 2 bus pour rejoindre Venise. Pas pratique pour le tourisme et pour les accompagnants . Arrivée sur place le vendredi en milieu de journée et passage direct au village de la course situé dans un grand parc à coté de Mestre. Le village n’est pas très grand, mais le marathon de Venise ne compte que 7000 inscrits environ. Dans le sac du coureur, on trouve entre autres un paquet de pates (original ) et un superbe gilet Asics sans manches que vous verrez certainement le mercredi soir. Samedi petit footing le matin puis petit tour dans Venise, en vaporetto bien sur, en limitant autant que possible la marche, ce qui n’est vraiment pas évident à Venise….
Dimanche matin, départ à de l’hôtel à 7h30 pour la ville de Stra (30 kms de Venise) ou a lieu le départ de la course. Un bus affrété par Thomas Cook nous y emmène, donc pas de stress le matin et c’est vraiment appréciable. Dépose des sacs pour 8h30 puis c’est l’attente dans les sas de départ. Le ciel est gris, il fait un bon 15 degrés, pas de vent, donc des conditions idéales. Pas beaucoup d’ambiance pendant l’attente, un speaker parle sans arrêt (en italien forcément), pas un seul morceau de musique pour chauffer l’ambiance. Je suis dans le sas des 3h45 avec 3 autres coureurs du groupe. Le départ est donné aux environs de 9h30.

Pour la première fois, je cours sans cardio (en panne depuis qq semaines) et le capteur de course à pied de ma montre déconne assez souvent, donc il ne me reste que le chrono…. Je n’ai pas d’autre objectif que de prendre du plaisir et d’améliorer mon record perso marathon, avec l’espoir que les mois d’entrainement pour l’ironman vont me permettre d’y arriver … et je ne serai pas déçu… .Avec un autre coureur de mon groupe, nous sommes juste derrière les meneurs d’allure 3h40, mais je vois les ballons jaunes des meneurs 3h30 qui sont à quelques dizaines de mètres, et je choisi de les rejoindre assez vite, et de les suivre au moins jusqu’au premier semi. Après on verra … . Au début les jambes sont un peu raides … normal on n’a pas fait d’échauffement … Après 10 kms en 0:48:55 premier bilan: la foulée est devenue souple et facile, le cardio je ne sais pas mais je bavarde sans problème avec les quelques français que j’ai croisé, donc tout va bien.
Au début, le parcours suit un canal, donc pas de dénivelé, quelques belles demeures italiennes historiques le long de la route, des orchestres rock dans les villages et des spectateurs qui nous encouragent avec des ‘Braviiii’. Les ravitos sont tous les 5kms. Au début il n’y a que de la boisson, le premier ravito solide arrivera au km 20. Je ne m’arrête pas car je suis autonome au moins jusqu’au semi. Il ne fait pas trop chaud, donc mon bidon suffira largement. Le premier semi est agréable et facile, je suis toujours derrière les ballons jaunes, et ma montre indique 1:44:15 au passage du tapis de chronométrage. Les meneurs sont hyper réguliers, et ne ralentissent même pas aux ravitos. Comme tout va bien, je reste derrière les ballons jaunes, et me prends à rêver de tenir ainsi jusqu’au bout ….

Vers le 25ème km on traverse la ville de Mestre, grosse ambiance, beaucoup de monde derrière les barrières, et encore des ‘Braviiii’ tout le temps, des orchestres avec de la bonne musique. Le parcours traverse ensuite une zone un peu industrielle, pas ou peu de spectateurs et le paysage n’est pas très agréable. Je commence à sentir les jambes, mais elles répondent encore bien, et je suis toujours derrière les ballons jaunes. Vers le 28ème, on rentre dans le grand parc ou se trouve également le village de la course. C’est un parc un peu comme la base de St Quentin, mais sans le plan d’eau. On y fait une grande boucle avec quelques légères montées. Les jambes répondent facilement dans les montées, çà me rassure. J’ai hâte d’arriver au fameux pont de la Liberté qui est annoncé comme la première vraie difficulté: une longue ligne droite de 4 kms en léger faux-plat, avec peut-être un peu de vent. Un coureur français avec qui j’ai bavardé pendant quelques kilomètres m’a raconté l’enfer qu’il a vécu à cet endroit l’année dernière: la pluie et un vent en rafale qui faisait s’envoler les gobelets du ravitaillement….. Rien de tel cette année, mais ça reste une longue et monotone ligne droite entre les Kms 32 et 37.

Je passe le Km 30 en 02:27:57 toujours derrière les ballons jaunes , mais je dois régulièrement relancer pour ne pas me faire distancer … je sais que la vraie course commence maintenant ! Au début du pont de la Liberté, j’ai 50 mètres de retard sur les ballons jaunes…. Je m’accroche mais je sens bien que les jambes durcissent trop ….. Sachant que j’ai quasiment toujours terminé mes marathons avec des crampes, je choisi de laisser partir les ballons jaunes pour espérer une fin de course sans crampes. L’envie de marcher est bien présente, mais je me l’interdit au moins jusqu’au bout du pont en espérant que la magie de la ville de Venise fera le reste…. Le pont semble interminable et les jambes sont de plus en plus dures… Je m’accorde une longue minute d’étirements à la fin du pont, toujours dans l’idée que ça m’aidera à terminer. J’ai passé le km 35 au milieu du pont en 02:53:47

Arrive enfin le bout du pont et l’entrée dans Venise. Déception car avant d’arriver dans la ville que tout le monde connait, il faut d’abord traverser la zone portuaire: on longe des quais et des hangars, on traverse un parking, il n’y a quasiment pas de spectateurs … pas très motivant … Enfin le décor change et arrive le premier des 14 ponts de Venise qui sont spécialement aménagés pour le passage du marathon (et surtout des handisports). Des passerelles sont installées de chaque coté des ponts, pour faire des plans inclinés de 20 ou 30 mètres. Dans l’absolu, ce n’est rien, mais après 38 kms, cela devient une difficulté. Petite foulée dans la montée et j’essaye d’allonger dans la descente mais il ne faut pas trop jouer car les crampes ne sont pas loin … Pas énormément de spectateurs, car on court sur un quai assez étroit qui est entièrement réservé au coureurs. Les ponts sont numérotés, et je sais que plus on avance, plus ils sont rapprochés. Le huitième pont est différent car c’est un long pont flottant qui enjambe le Grand Canal et aboutit tout près de la place St Marc . Je viens de passer sur le tapis des 40kms en 03:22:47. Je suis très très content d’en être là, et je calcule que moins de 3:35 c’est peut-être possible…. Sur le pont flottant, la magie de la ville fait son effet, la foule est présente de l’autre coté du pont. Un peu plus loin j’aperçois la femme d’un autre coureur du groupe, mais pas le temps de poser pour une photo ni de demander ou en sont les autres. J’arrive très vite à la Place St Marc. Le parcours fait une grande boucle dans la place, j’entends des ‘Braviii’ partout et plusieurs encouragements en français car je cours avec un tee-shirt tricolore fourni par Thomas Cook. Courir place St Marc à Venise, c’est comme les Champs Elysées à Paris ou la Cinquième Avenue à New-York: ça vous galvanise. On tourne à gauche à la sortie de la place et je sais qu’il reste quelques ponts avant la ligne d’arrivée. Un coup d’œil à la montre : 3:34 et des poussières, ça ne passera pas pour le 3:35 mais qu’importe maintenant. J’essaye d’accélérer mais les jambes disent « crampes » alors je reste sur la même foulée jusqu’à la ligne, franchie en 3:35:46 à ma montre. Je réalise alors que j’ai que j’ai gagné 12 minutes depuis Londres et ça, c’est énorme pour moi !

La médaille est jolie, le petit sac ravito pas très fourni. Il n’y a pas de tee-shirt finisher. Dommage pour ma collection . Récupération rapide du sac qu’on avait laissé au départ, et une grande tente est disponible pour se changer, ce que je fais sans tarder. Je retrouve quelques autres coureurs du groupe. Tout le monde a terminé sa course sans trop de difficultés, les nouveaux marathoniens (dont 3 femmes) sont très content de leur chronos (entre 4:00 et 4:15). Retour à l’hotel en Vaporetto puis 2 bus. C’est un peu long, surtout quand il faut encore rester debout … Le soir nous retournons à Venise pour un bon resto et chacun revit sa course… L’endorphine et l’alcool enfin autorisé contribuent à une super ambiance ….

Bilan perso: Grosse satisfaction pour le chrono qui efface très largement ma médiocre prestation sur le marathon de l’ironman de Vichy. Pour la première fois, j’ai maitrisé ma course jusqu’à la fin sans devoir composer avec des crampes et finir en marchant…. Les longs mois d’entrainements pour l’ironman ont vraiment fait la différence. Je n’étais pas capable de tenir 12km/h pendant si longtemps l’année dernière. Donc merci à mes amis du TSR78 qui m’ont entrainé dans ce défi de l’ironman. Merci au CE de ma boite qui me permet de faire des beaux marathons que je ne ferai jamais autrement ! Il se dit que l’année prochaine ce sera Chicago …